A bollywood, la morale est toujours sauve. Dans tous les films on observe un profond respect des valeurs traditionnelles et religieuses. Le mariage, la famille, l'autorité du père sont glorifiés. Un exemple avec Hum Dil De Chuke Sanam, où Nandini choisit à la fin de rester avec son mari même si elle ne l'a pas épousée par amour. Dans Devdas, toute la tragédie de l'histoire tient dans le fait que Paro et Devdas ne veulent pas s'opposer à leurs parents... Le cinéma indien étant souvent le reflet des valeurs sociales indiennes, il arrive que certains films soient trop en avance sur son temps. Il n'est pas sans rappeller les accidents survenus à Bombay après la projection de Fire (film de Mira Nair sur l'homosexualité) et qui avaient conduits à l'arrêt de la projection en Inde (des hindouistes extrémistes avaient lancé des cocktails molotov sur des cinémas).
Un film fait en ce moment les gros titres en Inde et oppose les gens à propos de la question des valeurs morales.
Dans le monde merveilleux de Bollywood, le film Kabhi Alvida Naa Kehna (« Ne jamais dire adieu ») bat des records de fréquentation... et de polémique. Sorti le 11 août, c'est le plus gros démarrage de l'histoire du cinéma indien
Le réalisateur Karan Johar, valeur sûre du cinéma indien, s'est entouré d'un casting de luxe, notamment de Shah Rukh Khan, Rani Mukherjee, Preity Zinta... Décors somptueux, scènes de danses et de chants, vêtements chic et têtes d'affiche : le film a tout pour plaire... sauf son scénario !
Pour résumer (le film dure trois heures trente), Kank, comme l'ont abrégé les médias, aborde le thème de l'adultère et du divorce à travers l'histoire de Dev et Maya, Indiens immigrés à New York et malheureux en mariage. Le sujet a choqué la classe moyenne indienne, largement conservatrice, les journaux et les talk-shows en ont fait leurs choux gras, et les blogs se sont multipliés contre un film jugé « corrupteur », accusé de véhiculer les valeurs de l'Occident. « Ce n'est pas la première fois qu'un film indien aborde le thème de l'infidélité, mais, dans les autres films, la femme trompait puis revenait à son mari. Là, le film banalise le mariage. Les femmes ne peuvent pas comprendre pourquoi l'héroïne quitte un mari accommodant qui lui a tout donné », explique Indu Mirani, rédactrice en chef du site spécialisé sur le cinéma indien, Thirtymm.com.
Le film a donc été accusé de pervertir les spectateurs, et la presse nationale s'est fait l'écho de plusieurs faits divers sordides qui seraient directement liés au film... « Une mère en colère m'a accusé d'avoir conforté sa fille dans sa décision de divorcer », a regretté le réalisateur, qui clame que la base d'un bon mariage est l'amour vrai... dans un pays où les mariages arrangés sont encore légion. La vision « occidentale » des rapports hommes-femmes est peut-être ce qui a le plus dérangé. Les quelques défenseurs du film ont relevé que le divorce était en train de devenir un phénomène de société en Inde, surtout dans les grandes villes, et que Kank s'inscrivait ainsi dans son époque.